Durant ma première seconde en 2003-2004, nous avons eu, en français un travail d'écriture d'invention à faire, portant sur le fantastique. Pour se faire, nous devions choisir entre quatre incipit celui qui nous plaisait le plus pour en inventer la suite. Celui que j'ai choisit appartient à Guy de Maupassant. Voici donc cette petite nouvelle, retrouvée dans mes veilles affaires scolaires, réécrite sans retouches et qui m'a value un 12/20.
"Tout ce pays était surprenant, marqué d'un caractère de grandeur religieuse et de désolation sinistre. Au milieu d'un vaste cercle de collines nues, où ne poussaient que des ajoncs et, de place en place, un chêne bizarre tordu par le vent, s'étendait un vaste étang sauvage d'une eau noire et profonde, où frissonnaient des milliers de roseaux." G. de Maupassant.
Je trouvais ce paysage attrayant et attirant. Tout ce mystère, ça me plaisait. Je venais d'emménager dans une maison rustique que l'on disait hantée. En effet, une lugubre histoire s'était passée une vingtaine d'année auparavant. Je n'avais alors que deux ans. Un homme aurait tué sa femme avant de se rendre dans une autre ville. Là-bas, il retrouva son ancienne femme, son fils et revint acheter la maison voisine. C'était en tout cas ce que l'on m'avait raconté.
Je ne sais pas pourquoi je m'étais retrouvait dans cette maison. C'était comme si une force mystique m'avait attiré. Il fallait que j'achète cette demeure. Tout le monde dans le village me regardait bizarrement, comme s'ils me connaissaient. Mais le pire, ce n'était ni cette force inexplicable, ni les regards. C'était surtout les bruits dans la maison. Comme des appels, des grincements, des portes claquantes et toutes sortes de bruits atroces.
Une nuit, vers trois heures du matin, un bruit me réveilla en sursaut. Une sorte d'explosion, suivie de gémissements plaintifs. Je me levai et allai voir dans le salon, d'où provenaient les cris. Et là, une vision d'horreur me parvint, sur le mur, en lettres de sang tout dégoulinant, était écrit : "COMMENT OSES-TU REVENIR ?". Puis, les chaises et les tables se mirent à voler dans toute la pièce. Les portes des placards s'ouvrirent et se fermèrent à la volée, en claquant en tous sens. Toutes les assiettes, les fourchettes, couteaux, cuillères, s'envolèrent et tournèrent. Quelques-unes foncèrent sur moi, je réussis à les éviter de peu. Et tout d'un coup, tout cessa. Les chaises retombèrent, la table s'écrasa sur elles, les fourchettes et couteaux se plantèrent dans cette dernière. Pris d'une panique immense, je ne puis me rendormir.
Une petite semaine plus tard, le drame se répéta, puis deux jours après, et encore deux jours. Tout ceci pendant un mois et demi. Jusqu'au soir où je compris ce qui se passait.
Cette nuit là, vers minuit, l'orage grondant, la pluie battant les carreaux, j'entendis un gémissement, une voix de femme hurlant mon nom. J'allai vers le salon et là, la pire chose se passa, les murs et le plafond ruisselaient de sang. Ca coulait de partout. Assis sur une chaise, face retournée, un corps était là, la tête penchée en avant. On aurait dit une femme. Et là, chers lecteurs, j'espère que vous avez le c½ur bien accroché. La chaise se tourna, le corps m'apparut de face. La tête bascula en arrière, le crâne fendu en deux au niveau de la tempe gauche. L'orbite de ce même côté était noire, vide, tandis que l'autre ½il était entièrement blanc. La personne ouvrit la bouche, des vers tombèrent avec un bruit mou. Les dents étaient noires, pourries, certaines même inexistantes. L'½il blanc se tourna vers moi, et un rire atroce, qui me fit froid dans le dos sortit de la bouche. Le cadavre se leva et tendit ses mains putréfiées vers moi.
_Tu n'aurais pas dû revenir, enfant d'infidèle !
Soudain tout me parut clair, cette femme, je la connaissais. C'était la femme assassinée.
_Je vais venger ma mort. Tu paieras pour ton père !
J'étais donc le fils de l'assassin. Alors le cadavre plongea sur moi et je vis sa peau pourrissante et malodorante de près...
Je ne sais pas ce qui s'est passé après. Le lendemain, je m'éveillais dans mon lit, en sueur, comme après un cauchemar. Etait-ce réel ce qui s'était passé pendant la nuit ? Je ne le saurais jamais. Et vous, lecteurs, croyez à cette histoire ou non.
Fin
2004
