« Retour au blog de csstory

Ma vie : par un modeste vampire.

Ma vie : par un modeste vampire.
Quand j'étais petit je rêvais de vampire, et pour ne rien vous cacher, j'en avais une peur bleue. Mais en même temps que cette peur, j'éprouvais une certaine fascination. Mes parents Me firent un jour un discours sur les vampires qui ne tenait pas la route. Ils m'apprirent que les vampires n'étaient pas méchants. En effet, me disaient-ils, les vampires sont comme nous, à part bien sur qu'ils vivent la nuit et se nourrissent de notre sang. Mais, disaient-ils encore, nous, nous mangeons bien des animaux. Les pauvres vaches, cochons, poulets et autres animaux qui n'ont rien demandé et qui, du jour au lendemain, sont emmenés à l'abattoir pour... enfin vous connaissez la suite. Après ceci, le discours sur la chance qu'ils avaient d'être immortels ne tarda pas à faire son apparition. Et enfin, pour finir, la fameuse phrase que tous les parents disent à leurs enfants : "Mais n'ai pas peur, les vampires n'existent pas". Mais moi je me suis toujours demandé pourquoi on savait tant de choses sur des êtres inexistants, tout droit sorti de l'imagination fertile de plusieurs cinéastes et écrivains. Si eux avaient fait des films ou écrit des histoires sur ces monstres, c'est qu'ils avaient eut une idée de départ. Mais cette idée, ils l'avaient sûrement trouvée quelque part. Et si ce "quelque part" avait été l'Histoire ou même des expériences vécues. Ou si ces cinéastes et écrivains étaient eux même des vampires ?
Puis, ma peur disparue et ma fascination pris le dessus. Je voulais en savoir plus. J'ai donc regardé tous les films, lu tous les livres qui traitaient de ces créatures. De Dracula à Buffy contre les vampires, tout y passa. Mais tout se contredisait. Alors je me suis lancé dans l'Histoire et ai appris l'existence du Compte Dracula de Transylvanie qui prenait un malin plaisir à faire souffrir ses victimes avec des manières toutes plus atroces les unes que les autres.
Au collège, on me prenait pour un fou. Je me poudrais le visage pour avoir l'air pâle, me badigeonnais les lèvres avec du rouge à lèvres couleur sang, me dessinait des cernes sous les yeux et, comble de tout, je m'étais acheté des fausses dents de vampire en plastique. Je refusais de boire de l'eau. Je jouais mon rôle au maximum, me mordant moi-même pour sucer mon propre sang. En me voyant ainsi costumé, les autres se moquaient de moi. Et moi je leur promettais de venir, une nuit où ils ne s'y attendraient pas, leur mordre le cou. Bien sur, ceci ne faisait qu'alimenter leur fou rire.
Arrivé au lycée, cette passion disparue. Il faut avouer que le délire du vampire ne fonctionnait pas du tout avec les filles. Et quand on est un garçon de seize, le plus important, la chose à laquelle on pense le plus, ce sont les filles. De plus, il s'est avéré que je n'avait pas d'ami. Oh ! Bien sur ceux qui m'avaient connu dans ma période "vampiresque" ne m'approchaient pas. Mais les autres, ceux qui ne me connaissaient ou reconnaissaient pas, voyant un garçon sérieux avec de bonnes notes, étaient proches de moi. Il faut dire qu'en oubliant le vampirisme je me suis ouvert aux autres. Enfin je parlais et rigolais avec les jeunes de mon âge. J'ai même réussi à avoir une copine. Puis une autre. Et encore une. C'était les meilleures années de ma vie.
J'ai bien dis les meilleures. Un jour tout a basculé. Un soir d'hiver, après les cours, je sortais du lycée, main dans la main avec ma nouvelle amie, dans la nuit, quand soudain un type nous a agressé. Il nous a sauté dessus, par derrière sans crier gare. L'étranger se rua sur ma copine. Je ne pouvais le laisser la tuer. Alors je l'ai attrapé par le bras pour essayé de le retenir. Il me repoussa avec une force extrême, m'envoyant m'écraser contre le mur le plus proche. A moitié assommé, je me relevai tant bien que mal pour retourner à l'assaut. Ma copine gisait au sol. Je ne savais si elle était morte ou simplement évanouie. En tout cas l'agresseur se penchait sur elle. De toutes mes forces, je lui assénai un coup de poing dans le dos pour si ce n'était le tuer, au moins l'assommer. Mais rien. Que pouvais-je faire, moi un adolescent de dix-sept ans, face à un adulte ? Il leva sa tête vers moi et son visage me frappa. J'eus l'impression de voir une photo de moi dans mes années folles. L'homme avait le visage pâle, des cernes sous les yeux et de grandes canines pointues et luisantes. Il se redressa et fondit sur moi. Je sentis ses dents se planter dans ma carotide. Un liquide chaud s'en écoula. Une douleur comme je n'en avais jamais imaginé me transperça de part en part. Je me sentis partir, aspiré par sa bouche. Puis plus rien.
En me réveillant, j'étais dans un lit douillé et chaud. Un visage se présenta devant moi. Je crus d'abord à un ange m'accueillant aux portes du Paradis. Mais non, il s'agissait juste d'une infirmière qui s'occupait de moi. Mon cou me faisait toujours aussi mal et je me sentais faible. Mes parents étaient près de moi, mais je ne voulais pas les regarder. Je ne sais toujours pas pourquoi d'ailleurs. On m'annonça que j'avais eu de la chance, on m'avait retrouvé avant que je ne perde tout mon sang. Je gisais dans la rue, baignant dans une marre de liquide rouge. J'étais resté dans le coma pendant deux jours. On m'annonça plus tard que ma petite amie allait bien, heureusement. Mais elle ne vint jamais me voir à l'hôpital. J'en conclus que c'était fini entre nous deux. C'est en partie pour cette raison quelle fut ma première victime. Mais j'y reviendrais plus tard.
Après plusieurs jours passés à l'hôpital en soins intensifs, je pus enfin sortir. Quel bonheur ce fut ! Mais ce bonheur fut de courte durée. En effet, je m'aperçu très rapidement que je ne supportais plus la lumière du soleil que je jugeais bien trop violente. Il m'était impossible de sortir en plein jour où ma peau me brûlait atrocement. Je restais cloîtré dans ma chambre, attendant la nuit pour me balader. Je fus réduit à dormir la journée. Mais ceci était le cadet de mes soucis. Le pire, il me semble, était mon inéluctable soif. J'avais beau boire des litres et des litres d'eau, j'avais toujours soif. Impossible d'étancher cette furie qui m'assécher le gosier rendant le passage des aliments difficile. Mais je connus aussi quelques côtés plutôt agréables. Pour une raison inexpliquée, chacun de mes sens s'était développé. Je voyais la nuit comme en plein jour, je sentais des choses que personne ne sentait, j'entendais les bruits que personne ne percevait. Mon agilité aussi s'était accrue. Je sautais beaucoup plus haut et tenais un équilibre quasi parfait.
Un jour, alors que ma mère avait préparer pour dîner des steaks bien saignants, la solution à ma soif m'apparut. A peine une goutte du sang de l'animal avait touché ma langue que je sentis une explosion dans ma bouche. Une sensation inexplicable m'envahi. Peu à peu la soif disparaissait et de plus en plus un goût prononcé pour le sang s'insinuait en moi. J'avais l'impression d'être devenu dépendant du sang, qui, tel une drogue, m'avait conquit corps et âme. Il m'apparut après ce repas que je ne pouvais m'en passer. Il me fallait ma ration quotidienne. Au début j'essayais d'attraper les oiseaux qui passaient près de ma fenêtre, mais ceci s'avéra très vite un défi bien trop difficile. C'est en promenant du côté de chez mon ex-copine qui l'idée me vint. C'est son sang que j'allais boire. Aussitôt dit, aussitôt fait. Sans faire de bruit je gravis le mur grâce à la gouttière pour arriver à sa chambre. Sa fenêtre, comme je m'en doutais, était entre ouverte. Elle avait la fâcheuse habitude de la laisser ouverte la nuit. Je l'ouvris donc et entra le plus silencieusement possible. Plus je m'approchais de son lit, plus mon c½ur battait fort et j'eus peur que le bruit ne la réveille. Quand je fus assez près, je lui écartai les cheveux traînant et mordit un grand coup sa jugulaire. Une sensation de complaisance m'envahi alors. La meilleure chose que je n'avais jamais goûté venait d'entrer dans ma bouche. Un véritable délice s'offrait à mes papilles. Ce soir là je tuai ma première personne. C'est là que j'ai compris que j'étais devenu ce dont j'avais tant rêvé.
Depuis des meurtres j'en ai commis plus d'un. Mais je ne suis pas méchant, je me nourris de votre sang. Vous, vous mangez bien des animaux. Les pauvres vaches, cochons, poulets et autres animaux qui n'ont rien demandé et qui, du jour au lendemain, sont emmenés à l'abattoir... Et si pour une fois les animaux c'était vous ?
Fin
2005
moi un adolescent de dix-sept ans, face à un adulte ? Il leva sa tête vers moi et son visage me frappa. J'eus l'impression de voir une photo de moi dans mes années folles. L'homme avait le visage pâle, des cernes sous les yeux et de grandes canines pointues et luisantes. Il se redressa et fondit sur moi. Je sentis ses dents se planter dans ma carotide. Un liquide chaud s'en écoula. Une douleur comme je n'en avais jamais imaginé me transperça de part en part. Je me sentis partir, aspiré par sa bouche. Puis plus rien.
En me réveillant, j'étais dans un lit douillé et chaud. Un visage se présenta devant moi. Je crus d'abord à un ange m'accueillant aux portes du Paradis. Mais non, il s'agissait juste d'une infirmière qui s'occupait de moi. Mon cou me faisait toujours aussi mal et je me sentais faible. Mes parents étaient près de moi, mais je ne voulais pas les regarder. Je ne sais toujours pas pourquoi d'ailleurs. On m'annonça que j'avais eu de la chance, on m'avait retrouvé avant que je ne perde tout mon sang. Je gisais dans la rue, baignant dans une marre de liquide rouge. J'étais resté dans le coma pendant deux jours. On m'annonça plus tard que ma petite amie allait bien, heureusement. Mais elle ne vint jamais me voir à l'hôpital. J'en conclus que c'était fini entre nous deux. C'est en partie pour cette raison quelle fut ma première victime. Mais j'y reviendrais plus tard.
Après plusieurs jours passés à l'hôpital en soins intensifs, je pus enfin sortir. Quel bonheur ce fut ! Mais ce bonheur fut de courte durée. En effet, je m'aperçu très rapidement que je ne supportais plus la lumière du soleil que je jugeais bien trop violente. Il m'était impossible de sortir en plein jour où ma peau me brûlait atrocement. Je restais cloîtré dans ma chambre, attendant la nuit pour me balader. Je fus réduit à dormir la journée. Mais ceci était le cadet de mes soucis. Le pire, il me semble, était mon inéluctable soif. J'avais beau boire des litres et des litres d'eau, j'avais toujours soif. Impossible d'étancher cette furie qui m'assécher le gosier rendant le passage des aliments difficile. Mais je connus aussi quelques côtés plutôt agréables. Pour une raison inexpliquée, chacun de mes sens s'était développé. Je voyais la nuit comme en plein jour, je sentais des choses que personne ne sentait, j'entendais les bruits que personne ne percevait. Mon agilité aussi s'était accrue. Je sautais beaucoup plus haut et tenais un équilibre quasi parfait.
Un jour, alors que ma mère avait préparer pour dîner des steaks bien saignants, la solution à ma soif m'apparut. A peine une goutte du sang de l'animal avait touché ma langue que je sentis une explosion dans ma bouche. Une sensation inexplicable m'envahi. Peu à peu la soif disparaissait et de plus en plus un goût prononcé pour le sang s'insinuait en moi. J'avais l'impression d'être devenu dépendant du sang, qui, tel une drogue, m'avait conquit corps et âme. Il m'apparut après ce repas que je ne pouvais m'en passer. Il me fallait ma ration quotidienne. Au début j'essayais d'attraper les oiseaux qui passaient près de ma fenêtre, mais ceci s'avéra très vite un défi bien trop difficile. C'est en promenant du côté de chez mon ex-copine qui l'idée me vint. C'est son sang que j'allais boire. Aussitôt dit, aussitôt fait. Sans faire de bruit je gravis le mur grâce à la gouttière pour arriver à sa chambre. Sa fenêtre, comme je m'en doutais, était entre ouverte. Elle avait la fâcheuse habitude de la laisser ouverte la nuit. Je l'ouvris donc et entra le plus silencieusement possible. Plus je m'approchais de son lit, plus mon c½ur battait fort et j'eus peur que le bruit ne la réveille. Quand je fus assez près, je lui écartai les cheveux traînant et mordit un grand coup sa jugulaire. Une sensation de complaisance m'envahi alors. La meilleure chose que je n'avais jamais goûté venait d'entrer dans ma bouche. Un véritable délice s'offrait à mes papilles. Ce soir là je tuai ma première personne. C'est là que j'ai compris que j'étais devenu ce dont j'avais tant rêvé.
Depuis des meurtres j'en ai commis plus d'un. Mais je ne suis pas méchant, je me nourris de votre sang. Vous, vous mangez bien des animaux. Les pauvres vaches, cochons, poulets et autres animaux qui n'ont rien demandé et qui, du jour au lendemain, sont emmenés à l'abattoir... Et si pour une fois les animaux c'était vous ?
Fin
2005

# Posté le lundi 26 juin 2006 10:45

Modifié le dimanche 20 juillet 2008 15:45

« Article précédent : Car Crash

Article suivant : Esprit meurtri »