Andernos, petite ville tranquille où rien ne se passe jamais. On devrait plutôt parler de grand village où la majeure partie des gens se connaissent.
Pourtant, un jour, l'inimaginable se passa.
Roy regarda la météo à la télévision. La présentatrice annonça que le vent soufflerait dans les 90 à 120 km/h et qu'il y aurait de la pluie sur tout le Sud-Ouest, donc sur Andernos.
Roy était un adolescent de quatorze ans, cheveux noirs, yeux verts et assez mignon. Il était tout le temps avec son meilleur ami, Guillou. C'était un autre adolescent du même âge aux cheveux bruns coiffés en brosse, les yeux bleu marine et pas mal non plus. A eux deux ils faisaient craquer un nombre incalculable de filles.
_You-pi, dit Roy d'un air absent. Quel temps pourri !
_Ouais ! t'as raison mon Royichounet.
_M'appelle pô com'ça m'man ! Je ...
_"déteste ça !"
_Ha ! Ha ! Ha ! fit-il d'un ton ironique.
_Tu vas chez Guillou cet aprem' ?
_Ouaich, j'y vais tout de suite. On va sûrement voir Sam après.
_D'ac ! Alors bonne ...euh rnéjou !
_M'man ! Parle normal ! Bon j'y go ! Tchô !
Sam était une fille du même âge. Ses cheveux détachés lui arrivaient au milieu du dos et étaient bruns. Ses yeux marron clair étaient en forme d'amandes. Elle était un peu plus petite que les garçons. Sam était le diminutif de Samantha.
En chemin Roy croisa Sam et David. David était le pire rival de Roy. Un petit blond à lunette, le vantard par excellence, le copieur né. Tout ce que Roy faisait, David le copier.
_Merde ! V'là l'aut' pommé ! lança Roy.
_Ta gueule, gros bouffon.
Roy lui répondit par un simple levé de son majeur.
Sam s'approcha des deux garçons.
_Ah ! Bonjour Sam ! fit Roy d'une voix langoureuse.
_Salut. Tu fais quoi ?
_J'vais chez Guillou. Tu viens ?
_Mouais.
_Pas moi !
_On s'en fout ! fit Roy.
_Si ! Viens ! demanda Sam.
_Bon, d... d'accord !
Tous ensembles ils allèrent donc en direction de chez Guillou. Là-bas se trouvait déjà Julia. Après la séance "bonjour", Guillou ouvrit la discussion :
_On fait quoi ?
_On peut aller se balader, dit Julia.
_Ouais ! O.K.
En vélo, ils se rendirent au centre ville. Ils eurent quelques difficulté car le vent souffler fort.
_J'ai envie d'aller à la plage, dit Julia.
_Avec ce vent ? fit David, l'air quelque peu effrayé.
_Ouais ! ça peut être cool.
Arrivés à destination, ils virent des vagues extrêmement grandes s'écraser avec violence sur les murs des maisons qui bordaient la plage.
_C'est magnifique ! fit Sam.
En quelques minutes seulement, le vent redoubla de force et le ciel gris vira au noir par-dessus la mer. La pluie ne tarda pas à tomber et l'eau monta vite de plusieurs centimètres dans les rues. Remontant sur leurs vélos, la bande fonça vers le centre ville tandis que le ciel devenait blanc. Le vent soufflait de plus en plus fort, la pluie devint très vite grêle. Les gens courraient dans tous les sens cherchant à s'abriter. La grêle devint grêlons. Des blocs de glace gros comme des poings tombaient à présent avec fracas, s'écrasant sur le sol pourtant recouvert de plusieurs centimètres d'eau et de glace. Sam, Guillou, Roy, Julia et David se mirent à l'abri sous un auvent de magasin.
_Bon... fit Roy. Ben je crois qu'on a plus qu'à attendre ici.
Au bout de cinq minutes, il se mit à neiger à gros flocons.
_Je propose qu'on aille chez moi, lança Sam. j'habite tout près, on sera moins gelé. On y attendra que ça passe.
Ils commencèrent à partir en vélo mais s'aperçurent très vite qu'il leur était impossible de rouler. En effet, les gens courraient en tous sens tandis qu'une voiture rouge, déjà couverte de neige, ornée de mégaphone sur le toit, hurlait à qui voulait l'entendre que c'était la fin du monde, le jugement dernier. De plus, l'eau sur le sol était bien trop haute maintenant pour leur permettre de rouler. Ils se résignèrent à y aller à pieds en poussant leur vélo.
Quand ils arrivèrent enfin chez Sam, ils étaient trempés jusqu'à la moelle et complètement glacés. La température extérieure avait chutée d'une bonne trentaine de degré. Sam ouvrit la porte et ils entrèrent. David alluma la télévision.
_... Pas de chez vous, c'est un cataclysme affreux dehors. Aussi incroyable que ceci puisse paraître, toute la planète est touchée. Les scientifiques annonce la fin du monde. Restez chez vous et barricadez vous contre le froid. La neige devrait tomber encore durant quelques jours puis elle laissera la place à des températures très basses. Tout gèlera instantanément. Il y eut un saut d'image puis : Je vous le répète, ne sortez pas de chez vous, c'est un cataclysme affreux dehors. Aussi incroy...
David coupa la télé.
_C'était un message diffusé en boucle. J'appelle ma mère pour lui dire où je suis, dit Roy.
Tous firent de même.
Soudain, et dans un sursaut général, quelqu'un frappa à la porte. Sam se dirigea, non sans crainte, en direction de la porte. Sur le seuil se trouvait un grand garçon, cheveux bruns, yeux noirs et lunette, couvert de neige de la tête aux pieds.
_Vas-y entre, dit Sam.
_Ah ! Au secours ! L'abominable Michael des neiges ! hurla Roy, faisant style d'être effrayé.
_Oui ça va et toi ? répondit celui-ci.
_C'est cool, maintenant on est tous là.
_Tu es ici chez toi, Mike, dit Sam.
_Sympa.
Ils fermèrent les volets pour garder la chaleur à l'intérieur et allumèrent les radiateurs.
_Vous croyez que c'est la fin du monde ? demanda Sam, le visage emplit de terreur, les yeux pleins de larmes.
_Non, bien sur que non, répondit Roy. C'est juste une tempête de neige sur un village du sud-ouest de la France, en bord de mer en plein mois de juillet. Tu vois quelque chose d'anormal là dedans toi ?
_Hum... fit la fille avec un petit sourire en coin.
_Bon, je pense que nous allons être coincés ici pendant un moment, alors si tu sortais tes jeux de société, lança Roy. Tu as des jeux de société au moins ?
_Bien sur ! Vous voulez quoi ? Monopoly, Bonne p...
_Amène le Monopoly, la coupa Julia.
Ils commencèrent donc à jouer. David gagna plusieurs parties à la suite et les autres le soupçonnèrent de tricher, surtout qu'il faisait la banque. Roy explosa :
_Ca suffit, tricheur ! Tu te sers dans la banque !
_Tu dis ça parce que tu fais toujours faillite le premier ! Tu n'es qu'un mauvais perdant ! répliqua David.
_Vas-y, répète un peu !
_Je te frappe pas parce que t'es mon ami.
_Je suis pas ton ami moi, connard !
_Eh ! Oh ! On se calme les gars, vint s'interposer Guillou.
_Ouais ! Vous battez pô pour un jeu, ajouta Mike.
_On change de jeu, Sam va tout de suite chercher la Bonne Paye.
_On dit "s'il te plait" ! Et si c'est pour que l'autre con triche, c'est pas la peine, lança Roy.
_J'ai des cartes, on peut jouer à la belote, se risqua Sam.
_Non ! Je veux faire une bonne paye ! hurla Julia en détachant chaque mot.
_Mais tu n'es pas seule, dit Mike.
_Très bien, alors pour la belote, levez la main !
Tous sauf elle levèrent la main.
_Je vois, je ne suis pas aimée ici !
Roy approuva d'un signe de la tête.
_Je t'ai vu Roy ! Puisque que c'est comme ça, je me tire !
Elle ouvrit la porte et fut propulsée par un vent puissant à l'intérieur.
Elle se releva tant bien que mal.
_Finalement je vais peut-être rester. On la fait cette belote ?
Sam apporta les cartes et tous se mirent en équipe de deux. Comme ceci engendra des disputes, Sam dit à Guillou, Mike et Roy de prendre un papier, disposé dans un chapeau, où été écrit les noms de Julia, Sam et David. Guillou fut avec Julia, Mike avec Sam et, comble du malheur pour Roy qui se trouva avec David.
_Chouette, fit Roy sur un ton de faux bonheur.
_J'suis pas content non plus d'être avec toi, grosse tache.
_Mais toi, je m'en tape.
_Ta gueule, gros bouffon.
Sur ces paroles, Roy sauta à la gorge de David et lui envoya un crochet dans la mâchoire, suivi d'un autre, et encore un. David se dégagea en donnant un coup de genou dans le ventre de Roy qui tomba au sol, le souffle coupé. Il s'apprêta à fondre sur son adversaire, mais Guillou l'attrapa par les cheveux et lui envoya la tête dans le mur. Roy s'était relevait et décrocha un coup de poing dans les côtes de David qui s'écroula, puis le roua de coups de pieds au sol. Mike et Guillou, voyant l'ampleur du désastre, sautèrent sur Roy pour le plaquer à terre.
_Lâchez-moi merde ! J'vais le buter !
A ce moment précis, la lumière s'éteignit.
_C'est quoi encore ce bordel ? lança Roy.
_Ta gueule, se fit entendre la voix de David.
_T'en veux encore ?
_Trouve-moi avant !
_Arrêtez les garçons, vous êtes débiles ! dit Julia.
_Je vais appeler ma mère pour savoir où elle met les bougies.
Quelques bips se firent entendre puis une lumière verte bougea.
_Mince, le réseau est coupé.
Sam partit à la recherche des bougies à la lumière de son portable et revint quelques minutes plus tard avec plusieurs d'entre elles allumées.
_On va peut-être pouvoir commencer à jouer maintenant ?
Ils jouèrent pendant un bon moment. Roy et David, qui passaient leur temps à se disputer, ne gagnèrent aucune partie.
Vers neuf heures, ils commencèrent à être affamé, aussi Sam, aidée de tous les autres se mirent à préparer quelques petites collations. Après un repas très léger, ils préparèrent les lits. Sam, accompagnée par Roy préparèrent le lit des parents de la jeune fille, tandis que les autres firent le clic-clac du salon et le lit de Sam.
_Euh... Sam... commença Roy.
_Hum ?
_Je... C'est que... Enfin... Est-ce que... Je me demandais si...
_Sam ! appela Julia en faisant irruption dans la chambre, une bougie à la main. Il manque un lit. Tu as deux lits de deux personnes et ton lit qui est pour une seule. Ca fait cinq places. Mais nous sommes six...
_Tu as raison, je dois avoir un lit de camp quelque part, j'arrive.
_Je t'attends au salon.
_Tu essayais de me dire quelque chose Roy ?
_Qui ? Moi ? Non, non ! Vas vite, tu es attendue...
Sam sortie de la chambre. Aussitôt eut-elle passé le seuil que Roy s'effondra sur le lit.
_Merci pour le lit de camp, fit Julia. Je dit qu'on ne devrait pas dormir en mixte, on fait fille avec fille et gars avec gars...
_Non, on fait comme on veut, fit David en regardant la poitrine de Sam, de la bave à la commissure des lèvres.
_Je suis d'accord avec toi, tête de n½ud ! ajouta Roy en lui donnant une tape qui se voulait faussement amicale dans le dos.
_Va te faire...
_Eh ! Vous allez pas remettre ça, questionna Mike. Si possible, j'aimerais dormir seul.
_Idem, demanda Guillou.
_David ? demanda Julia, voyant que Sam et Roy avaient déjà convenu de dormir ensemble.
_Et bien, fit-il peiné, je pense que je n'ai pas le choix si je ne veux pas pioncer à même le sol...
ils se couchèrent donc, comme ils avaient choisi.
_Sam ? appela Roy dans le noir.
_Quoi ?
_Tu dors ?
_Oui, et c'est pour ça que je te réponds, répondit-elle à voix haute.
_Ah ! Pardon, bonne nuit.
_Qu'est-ce que tu veux ?
_Je voulais te demandais... il prit une profonde inspiration, si tu voulais bien sortir...
_MERDE ! cria David. Y'EN A QUI VEULENT DORMIR ALORS LA FERME !
_Ta gueule toi-même, bouffon, répondit Sam. Si t'es pas content tu dors dehors ! C'est clair ? Et toi, Roy, finis !
_Hein ?
_Tu as dit : "je voulais te demander si tu voulais sortir..."
_Sortir... Sortir... Le traversin... Oui, parce que je dors à plat d'habitude alors...
Elle ne lui laissa pas le temps de terminer sa phrase et plongea sur ses lèvres. Elle chercha sa langue puis ils s'engagèrent dans une long et savoureux baiser.
_J'accepte. Bonne nuit, Roy.
_Bonne nuit.
Il la serra dans ces bras, tout contre son c½ur, tandis que dehors, dans le vent, dans le froid, plus rien ne bougeait.
Les jours se succédèrent ainsi, dans une tempête atroce au dehors. Rien ne semblait pouvoir la stopper. Dans la maison, quelques tensions émergèrent, notamment entre David et Roy, où leur haine mutuelle ne faisait que s'accroître au fil des heures passées l'un à côté de l'autre. Mais Julia aussi commençait à être le sujet de l'énervement général. A force de vouloir faire le chef, elle n'a réussit qu'à obtenir une mutinerie. Bref, les liens d'amitié n'étaient pas au beau fixe. Il n'y avait que Guillou et Roy pour rester imperturbable et proche l'un de l'autre.
Un matin, quand Roy se leva, il fut forcé de constater qu'il n'y avait plus rien à manger. Aussi, il décida de partir, accompagné de Guillou qui refusait que son ami y aille seul, au magasin le plus proche. Ils se préparèrent donc tous deux à cette expédition.
Les deux garçons marchaient avec peine. Le vent était fort et ils devaient hurler pour s'entendre. La neige était montée très haut, ils avaient même dut sortir par la fenêtre du grenier car la porte était bloquée. Ils mirent près de deux heures pour faire à peine cinq cent mètres.
Ils arrivèrent enfin au supermarché. Un homme d'une quarantaine d'année environ s'approcha d'eux.
_Bonjour, nous venons chercher à manger, mais nous n'avons pas d'argent.
_Ce n'est pas grave, vous voyez toutes ces personnes, elles n'ont pas d'argent non plus, et je ne les laisse pas mourir de faim dans mon magasin. Il faut s'entraider en temps de crise. Servez-vous.
_Merci.
_Vous habitez loin ? Restez donc ici.
_Non merci, on est attendu. Nous sommes chez une amie à cinq cent mètres d'ici.
Ils prirent donc tout ce dont ils avaient besoin, sans trop se charger inutilement. Sur le retour, Roy se sentit suivit, il tenta tant bien que mal d'accélérer le pas, mais c'était chose impossible dans cette neige.
Ils rentrèrent par la fenêtre du grenier qui était à présent à moitié recouverte.
Après un petit repas, Roy et Guillou se reposèrent.
Quand Roy se réveilla, il comprit tout de suite que quelque chose clochait. En effet, la maison était silencieuse, trop silencieuse. Et la raison de tout cela était un homme qui, un couteau à la main menaçait ses amis. Il se dépêcha de réveiller Guillou sans que le preneur d'otage ne l'entende. Tous deux arrivèrent derrière lui, et lui attrapèrent les bras. Le couteau tomba, aussitôt récupéré par Mike. Il l'attachèrent et le bâillonnèrent. Sam fondit en larme. Roy la serra contre son c½ur.
Le lendemain, ils furent tous réveillés par le brouhaha mené par leur agresseur, dans son coin. Roy s'en approcha et lui asséna un coup de poing dans la mâchoire. Ce geste eut pour effet de calmer l'indésirable.
_Ecoutez, fit Mike.
_Mais j'entends rien, dit Julia.
_Si tu fermais ta gueule, grosse vache, on entendrait mieux ! cria Roy, ce qui eut pour effet de faire s'esclaffer l'homme dans son coin.
Roy se rapprocha de lui et leva son poing, l'autre se stoppa aussitôt.
_Il n'y a plus de vent, reprit Mike comme si de rien était, donc plus...
_De tempête, termina Guillou.
_Mmmmmmmmmmmmh, fit l'homme.
Mike lui enleva son bâillon.
_Je peux partir alors ?
Mike lui remit son bâillon.
Roy alla au grenier, mais il leur était maintenant impossible de sortir. la neige recouvrait la fenêtre. Il eut alors une idée.
_Sam va chercher des gants, Mike détache l'autre taré. 2coutez-moi, pauvre tache, vous allez nous aider, et vous n'avez pas le choix. Vous allez creuser la neige à partir de la fenêtre du grenier, c'est clair ?
_Si je refuse ?
Roy montra le couteau et le pointa vers son adversaire.
_Ok ! Je vais le faire.
Il creusa donc jusqu'à la surface.
_Bonne nouvelle : la tempête est terminée. Mauvaise nouvelle : vous êtes enfermés.
Il reboucha le trou et s'en alla dans un rire machiavélique.
_P'tain, j'hallucine ! hurla Mike.
_En plus je suis claustrophobe, ajouta Julia.........
Brandon jeta le livre "Tempête de neige sur Andernos" de l'autre côté de sa chambre.
_Mais il est nul ce livre ! L'histoire n'a pas de sens, les personnages sont cons... Et puis c'est quoi ce tueur qui arrive d'on ne sait où ?
Il sortit de sa chambre pour aller voir ses amis.
Pendant ce temps la météo annonçait :
_Attention, avis de tempête, fortes bourrasques de vents, chutes de neiges...
FIN
2000
